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L’histoire de la rue Zacharie

mercredi 6 mars 2013, par Léon la Lune

Ce nom de Zacharie est une altération de Sacalie, à cause d’une maison dénommée « Méson Sacalie » qui existait au XIème siècle, et qui avait été donnée par le prieur de Saint-Martin-des-Champs à son monastère. De Sacalie, on fit Sac à lit, Sac-Alie et enfin Zacharie.

En 1240, c’était la rue Orillon ; en 1366 la rue des Bouticles, à cause de bouticles ou boutiques servant à conserver le poisson ; de 1379 à 1421, ce fut la rue Thibaut-aux-Broches (aux Hameçons).

La partie située entre le quai Saint-Michel et la rue de la Huchette s’appelait rue des Trois Chandeliers, nom qui lui venait d’une vieille enseigne, le reste de la rue portait le nom de Zacharie qu’elle avait déjà en 1219. En 1851, la rue des Trois Chandeliers fut réunie à la rue Zacharie.

Au coin de cette rue et de la rue Saint-Séverin était autrefois l’Ostellerie de la Rose Rouge ; ce cabaret appartenait à un certain Guillaume Fouquet, écuyer d’Isabeau de Bavière. C’est là que « les divins poètes de la pléiade » se réunissaient et qu’ « ivres d’antiquités, ils buvaient du vin consacré dans des peaux de boucs ». Sur la façade de cette même maison, on voyait encore au commencement du XVIIIème siècle une pierre de deux pieds carrés sur laquelle étaient représentés un homme renversé de cheval et un autre auquel une dame mettait sur la tête une couronne de roses avec ces mots au-dessous :

EN DÉPIT DE L’ENVIE

C’était un monument qu’une parente du sire de Clary avait consacré à ce chevalier qui avait vaincu en champ clos, Pierre de Courtenay, chevalier anglais, au temps de Charles VI, et que le duc de Bourgogne avait persécuté, parce que son favori La Trémoille n’avait pas été aussi heureux que Clary contre Courtenay.

La rue Zacharie s’est appelée un moment rue Berthe et par altération rue Berthet. De 1611 à 1654, cette petite ruelle, très mal fréquentée, fut fermée à ses extrémités par ordre du prévôt de Paris « pour éviter aux accidents qui arrivent, par la mort de plusieurs personnes qui y sont tuées la nuit ».

Gustave Pessard - Nouveau dictionnaire historique de Paris avec une préface de M. Charles Normand - 1904

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