Danses dans les églises – 1429

En 1429, il se tint au collège des Bernardins un concile qui tendait à réformer plusieurs abus dans la discipline de l’église. Ces abus tiennent à l’histoire des moeurs, et méritent qu’on en conserve le souvenir.

Les prêtres de ce temps-là étaient fort adonnés aux jeux de hasard. Dans ce concile il fut fait défense à tous les ecclésiastiques de jouer aux dés, sous peine de payer l’amende d’une livre de cire, applicable à l’église, chaque fois qu’ils tomberaient dans cette faute.

bernardins

Les moines autrefois exigeaient un paiement des laïcs qui voulaient entrer dans leur monastère. Un article de ce concile, leur défend de recevoir cette vile rétribution sous quelque prétexte que ce soit.

Un usage plus singulier, proscrit dès le cinquième siècle, s’était conservé en France jusqu’au milieu du quinzième. Les premiers chrétiens, accoutumés aux fêtes joyeuses du paganisme, ne pouvaient facilement adopter les cérémonies lugubres de la religion chrétienne. Ils y mêlèrent leurs pratiques profanes, et les premiers évêques eurent souvent la prudence de ne point contrarier entièrement les anciens usages. Ainsi on dansait, on chantait des chansons mondaines dans les églises, aux fêtes des martyrs et des saints, tout comme aux fêtes de Cybèle et de Bacchus [1]. Le concile tenu dans la salle des Bernardins, défendit non-seulement les chansons et les danses dans les églises, mais encore les jeux et les ventes des marchandises.

J.A. Dulaure – Singularités historiques contenant ce que l’histoire de Paris et de ses environs offre de plus piquant et de plus extraordinaire – 1825

Danse d’enfants conduite par deux Amours

Notes

[1] Dans un concile que fit assembler Clovis II, à Châlons-sur-Saûne, il fut défendu aux femmes, les jours de fêtes, de danser dans l’enceinte de l’église, et dans le parvis, et d’y chanter des chansons malhonnêtes, au lieu d’écouter le clergé psalmodier.